mercredi 17 octobre 2018

LE DILEMME DES ECRIVAINS AFRICAINS


Qui a peur du wolof ?
La promotion de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique figure en tête des missions de l’Organisation internationale de la francophonie. Écrivain sénégalais d’expression française, Boubacar Boris Diop écrit également en wolof depuis 2003. Il interpelle les auteurs africains : Prenez la francophonie au mot ! Défendez aussi les langues du continent noir !
Le Monde diplomatique
Au Sénégal, ma génération a été dans les années 1960 — aussitôt après l’indépendance — la première à étudier ce qu’on appelle, d’un terme vague et quasi insaisissable, la « littérature africaine ». En passant d’Arthur Rimbaud et Honoré de Balzac à Léopold Sédar Senghor et Mongo Beti, nous avions le sentiment de lâcher enfin, pour ainsi dire, l’ombre pour la proie. Même si nous aimions certains de nos nouveaux auteurs bien plus que d’autres, tous ont forgé, chacun à sa façon, notre caractère. En ce temps-là, les frontières de l’Afrique étaient plus mentales que géographiques, on n’avait pas besoin d’y être né pour être accepté comme un de ses fils à part entière ; je ne me souviens pas d’avoir entendu l’un de mes camarades s’interroger, par exemple, sur l’africanité d’Aimé Césaire : c’eût été aussi incongru que de se demander si Frantz Fanon (1) était algérien. Tous deux — le premier, surtout — étaient omniprésents dans les cours, pour notre plus grand bonheur. En revanche, les écrivains anglophones, lusophones et d’Afrique du Nord brillaient par leur absence. On pouvait certes croiser au détour d’une page Mohammed Dib ou Kateb Yacine, Amos Tutuola ou Chinua Achebe, mais ils n’étaient là, j’en ai bien peur, que pour faire bonne mesure. Au pays de Senghor, nous étions déjà au cœur d’une francophonie littéraire dont il allait, sa vie durant, se faire le griot.

À Ibadan ou à l’université Makerere (Kampala), les jeunes Nigérians et Ougandais de notre âge n’avaient d’autre choix que de se résigner, eux aussi, à cette confusion systématique entre la partie et le tout. Lorsque Jane Wilkinson mitonne en 1992 son célèbre Talking with African Writers (« Causeries avec les écrivains africains ») (2), c’est avec les anglophones Tsitsi Dangarembga, Wole Soyinka, Essop Patel et Mongane Wally Serote qu’elle entre longuement en conversation. En somme, les soleils des indépendances s’étaient à peine levés que leurs rayons se tournaient déjà le dos. Ce que Cheikh Hamidou Kane appellera plus tard le « premier matin de l’Occident » en Afrique était vécu comme le choc initial, l’événement hors duquel rien ne méritait d’être pris en compte.

Dans l’espace francophone, Force- Bonté, du Sénégalais Bakary Diallo (3), pose en 1926 la toute première borne d’un champ littéraire dont les contours vont se préciser au cours des décennies suivantes. Les Congrès des artistes et écrivains noirs de 1956 (Paris) et 1959 (Rome) en ont été deux repères importants ; Présence africaine — la revue et la maison d’édition — avait vu le jour dix ans plus tôt. En définitive, un héritage a été légué, que l’on voit se perpétuer tant bien que mal. À Dakar ou à Yaoundé, la presse continue à rendre compte de la parution, presque toujours à Paris, de romans ou d’essais d’auteurs africains, spécule sur les lauréats africains potentiels du Renaudot ou du Femina et, relayant les débats académiques, s’interroge gravement : le « malaxage », si réussi chez Ahmadou Kourouma, du français et du malinké, ne serait-il pas, tout bien pesé, l’avenir de notre littérature ? Quid du « réalisme magique » dans Pedro Páramo, du Mexicain Juan Rulfo, et dans Les Sept Solitudes de Lorsa Lopez, du Congolais Sony Labou Tansi ?

Coupés de leurs compatriotes
Les auteurs vivants ne sont pas en reste. On les voit sur tous les podiums et plateaux de télévision, concentrés ou désinvoltes, mais toujours bien décidés à remettre l’Afrique sur ses pieds. Toutefois, ce n’est peut-être là qu’une façon de parler : en « postcolonie », l’inquiétude pour l’avenir du continent n’est plus la chose du monde la mieux partagée, et certains auteurs, on ne sait trop pourquoi, se mettent en position de tir dès qu’ils entendent le mot « identité ». Ce sont les mêmes qui, pourtant, se vantent à l’occasion de pimenter et de faire délirer une langue française un peu trop sage et pâlichonne à leur goût…

En vérité, ils se seraient bien passés de ces cabrioles stylistiques, mais il est si difficile, pour parler comme le poète haïtien Léon Laleau, de « dire avec des mots de France [un] cœur venu du Sénégal »… Si tout écrivain entretient des rapports orageux avec les mots, dans le cas de l’auteur africain, c’est sa langue d’écriture qui est tout entière problématique. On m’a ainsi demandé d’abord : « Pourquoi écrivez-vous en français ? », puis, après la parution de mon roman Doomi Golo : « Pourquoi écrivez-vous en wolof ? » Personne n’a besoin de lire vos livres pour vous poser ces questions, qui charrient toutes les frustrations d’un échange humain avorté, aux antipodes du projet littéraire.

Il se pourrait bien que la névrose linguistique soit une spécificité francophone : si, au Zimbabwe ou au Kenya — deux exemples choisis au hasard —, on ne fait pas de fixation sur le sujet, c’est en partie grâce à la cohabitation, même ambiguë, entre l’anglais et les langues nationales dans les ex-colonies britanniques. Les intellectuels francophones ont, quant à eux, toujours été plus réticents à se faire à l’idée que leurs langues ne sont en rien inférieures à celle de Molière.

Il serait simpliste, voire injuste, d’expliquer cette attitude par on ne sait quel mépris de soi : des auteurs peu suspects de complaisance pour le néocolonialisme français se sont toujours montrés assez réservés à l’égard des langues africaines, surtout par crainte, semble-t-il, de leur charge tribale. Une amie romancière vivant à Paris me dit préférer un « statu quo réaliste » parce que la moindre controverse linguistique mènerait le Cameroun, son pays, au chaos. Rien n’étant simple, elle m’avouera aussi parler de plus en plus mal sa langue maternelle, qu’elle n’a jamais su écrire. Beaucoup d’écrivains africains nés en Occident ou y ayant grandi se trouvent dans la même situation. Il n’y a donc rien d’infamant dans leur préférence pour le français. Peut-être devraient-ils tout juste s’interdire de dénigrer des langues africaines qu’ils connaissent si mal.

Il est vrai aussi que des esprits chahutés par l’histoire peuvent avoir le sarcasme facile : un roman en soussou, en sénoufo ou en fon, est-ce bien sérieux ? Qui va donc lire ça ? Cet argument de la rentabilité, brandi en toute occasion, paraît frappé au coin du bon sens. En fait, il est totalement insensé, en ce qu’il présuppose une bonne tenue commerciale, purement imaginaire, de la production en langue française... Pour autant qu’on parle de littérature, il n’existe nulle part un commerçant nommé « public » passant commande de sa fiction à un fournisseur et payant à la livraison. À ce compte, un certain Guy des Cars, qui a sans doute vendu plus de livres que Jean-Paul Sartre et Albert Camus réunis, serait le plus grand romancier français du XXe siècle. Dès lors que la trace est l’enjeu, ce sont les textes qui créent le public, et non l’inverse. Stendhal met en évidence ce pari sur la durée lorsque, comparant l’écriture de son roman Le Rouge et le Noir à l’achat d’un billet de loterie, il conclut : « Le gros lot se réduit à ceci : être lu en 1935. »

À quoi il faut ajouter que le risque pour un texte de tomber dans l’oubli est beaucoup plus faible en 2017 que du temps de Stendhal. Tout pouvant être traduit, il importe peu que l’on écrive pour un milliard de Chinois, onze millions de Grecs ou quatorze millions de Sénégalais. Le seul danger ici serait de n’être à l’écoute que des langues les plus parlées, comme l’anglais ou l’espagnol. Des amis et moi-même avons voulu montrer, en lançant aux éditions Zulma le label Céytu, qu’au rendez-vous des cultures toutes les voix ont une égale dignité. Cette collection a en effet pour vocation de traduire en wolof des titres majeurs de la littérature universelle.

L’Afrique est le continent où l’écart entre les auteurs et leurs compatriotes est le plus grand. On en est même venu à douter de l’aptitude de ses langues à la création littéraire. Un tel préjugé est plus répandu qu’on ne croit. En témoigne la mésaventure d’un jeune et brillant chercheur sénégalais occupé à démontrer dans sa thèse que les fictions en kikuyu ou en wolof ne sauraient être que linéaires et leurs intrigues sans surprises, et qui dut complètement changer d’avis en lisant mon roman Doomi Golo, puis Mbaam Aakimoo, de Cheik Aliou Ndao. Ces deux ouvrages font partie d’une riche production en wolof qui ne se porte pas moins bien que sa sœur francophone, pourtant plus présente dans les médias et en librairie.

De telles avancées n’ont pas pu être réalisées à partir de rien. Le scientifique et historien sénégalais Cheikh Anta Diop, nourri dans son enfance de la poésie wolofal — c’est-à-dire le wolof transcrit avec l’alphabet arabe — de Serigne Mor Kayré et Serigne Moussa Kâ, a réussi à faire le lien entre eux et les intellectuels occidentalisés. C’est à leurs écrits qu’il pense lorsque, en 1948, il exhorte les Africains à ne plus se résigner au viol de leur imaginaire. De Cheikh Anta Diop, on peut dire qu’il a été prophète en son pays, puisque tout ce qui s’y fait dans le domaine des langues nationales résulte de ses travaux. C’est aussi de lui que se réclame la linguiste Arame Fal, à qui l’on doit les publications scientifiques si utiles pour l’enseignement du wolof, en particulier dans le supérieur. L’université Gaston-Berger de Saint-Louis s’y est mise bien plus récemment que celle de Dakar, mais elle a innové en se concentrant sur la prose en pulaar et en wolof.

Ce serait toutefois aller trop vite en besogne que de parler de libération culturelle. L’évolution constatée ne résulte pas d’un quelconque patriotisme linguistique. Les militants qui essaient de suppléer aux défaillances de l’État oscillent sans cesse entre un optimisme quelque peu forcé et un profond découragement. De fait, l’élite sénégalaise continue à respecter et à aimer d’un amour sincère le français, seule langue officielle — la Constitution exige d’ailleurs sa maîtrise pour tout candidat à la présidence de la République ! Abondante et de qualité, la création en pulaar, sérère et wolof reste si invisible que, pour tout le monde, on ne peut être écrivain qu’en langue française. En réalité, seul l’effondrement du système éducatif a pu ouvrir une brèche telle que, pour paraphraser Cheikh Anta Diop, le pays peut basculer à tout moment sur la pente de son destin linguistique.

Les textes appelés à rendre possible cette révolution culturelle sont en train d’être conçus dans l’ombre par des auteurs peu intéressés par le miroir aux alouettes d’une réception immédiate. Le Sud-Africain J. M. Coetzee, qui n’est certainement pas ce qu’on pourrait appeler un militant des langues africaines, nous conduit pourtant dans Elizabeth Costello à l’exact point de jonction entre l’esthétique et le politique. L’une des nouvelles de l’ouvrage, intitulée « Le roman en Afrique », met en scène Emmanuel Egudu, écrivain nigérian plutôt vaniteux, qui se fait sèchement remettre à sa place par l’héroïne : « Le roman anglais, lui dit-elle, est avant tout écrit par les Anglais pour les Anglais. C’est son essence même, c’est ce qui fait que l’on parle du roman anglais. Le roman russe est écrit par les Russes pour les Russes. Le roman africain, lui, est écrit par les Africains, mais il ne s’adresse pas aux Africains. Certes, les romanciers africains parlent de l’Afrique, décrivent des expériences africaines, mais j’ai l’impression qu’ils sentent tout le temps par-dessus leur épaule le regard des étrangers en train de lire leur texte. Que cela leur plaise au non, ils se sont résignés au rôle d’interprètes ; ils expliquent l’Afrique. Or comment un romancier peut-il explorer un univers humain dans toute sa profondeur s’il lui faut mobiliser autant d’énergie pour l’expliquer à des étrangers ? »

Ce que Coetzee nous rappelle ici, c’est que l’écrivain reçoit sa langue en héritage et, à force de vouloir la plier à sa volonté, la recrée sans cesse. De proche en proche, il change ainsi l’idée qu’une nation se fait d’elle-même, au point de la réinventer. Cela suppose au départ une intimité absolue avec le dire de la société : nous ne parlons pas notre langue maternelle, nous n’en sommes que l’écho. Que peut-il bien se passer, en effet, dans la tête d’un auteur qui travaille avec des mots qu’il n’entend jamais autour de lui, pas même de sa propre bouche ? Il se prive d’une certaine richesse sonore née de la tension entre une parole vivante et les termes inertes du dictionnaire. Cela pourrait bien expliquer le manque de naturel, souvent déploré, d’une littérature afro-française qui, paradoxalement, n’est ni africaine ni française. Habiter cet entre-deux-langues suscite un mal-être en quelque sorte structurant, dans la mesure où il est à l’origine de bien des révolutions formelles en littérature africaine ; cela explique aussi un projet comme celui du Malien Massa Makan Diabaté, qui se faisait fort de « violer la langue française pour lui faire des petits bâtards ».

Mais quelques auteurs de génie ne peuvent à eux seuls nous masquer le manque de caractère de cette littérature devenue peu à peu une vague commodité stratégique pour Paris. Fait unique, la France consent à financer entièrement la littérature de ses ex-colonies parce qu’il lui faut bien tenir son rang, surtout au moment où elle sent le sol se dérober sous ses pas.

Un tel système de domination, porté par la lourde machinerie francophone, est pourtant en train de donner des signes d’essoufflement. La greffe n’a pas pris, et on se rend compte d’un seul coup que la production africaine d’expression française a toujours été, en définitive, une littérature de transition. Au Sénégal, la littérature wolof pourrait se substituer à elle plus tôt qu’on ne croit. Dans vingt ans ? Dans trente ans ? Peu importe : à l’échelle de l’histoire, c’est à peine le temps d’un clin d’œil. Si c’est devenu inéluctable dans ce pays francophile entre tous, c’est que, tôt ou tard, il en sera de même partout ailleurs en Afrique.

En somme, rira bien qui écrira le dernier…

Boubacar Boris Diop
Écrivain et essayiste, professeur invité à l’Université américaine du Nigeria. Auteur de Murambi, le livre des ossements (Zulma, Paris, 2011) et de Doomi Golo (Papyrus Afrique, Dakar, 2003)

mardi 16 octobre 2018

Souveraineté technologique : le grand réveil


Au milieu des lamentations que suscite l’inévitable progression du nationalisme et du populisme, on pourrait aisément passer à côté des changements surprenants et salutaires qui se sont opérés dans l’opinion publique au cours des deux dernières années. Bien malgré lui, même Donald Trump peut avoir des effets positifs.
Ce changement d’attitude transparaît notamment dans la manière dont nous appréhendons les dilemmes que soulèvent les mesures prises en matière de nouvelles technologies. L’idée même du « numérique », conçu comme un royaume magique et intouchable capable d’apporter à tous la prospérité grâce à une succession de « disruptions », est dépassée. Les questions épineuses posées par la technologie ne sont plus la prérogative des bobos du magazine Wired ou des conférences TED ; elles sont revenues sur leurs terrains d’origine : le commerce international, le développement économique et la sécurité nationale.
Que nous enseignent les prophètes du numérique sur le monde réel ? Pas grand-chose, si l’on en croit le consensus actuel. Enfin ! Et voici que l’État, longtemps jugé trop maladroit pour agir sur le « numérique », est de retour, plus interventionniste que jamais et bien décidé à récupérer sa souveraineté technologique.
La Chine, avec sa nouvelle loi sur la cybersécurité et ses efforts pour atteindre la suprématie mondiale en matière d’intelligence artificielle, monopolise l’attention sur le plan international. Elle est pourtant loin d’être la seule à promouvoir son propre programme technologique.
La Russie a récemment annoncé son intention de contraindre les fonctionnaires à utiliser des téléphones portables produits localement et fonctionnant avec des systèmes d’exploitation locaux. Afin de faciliter cette mission, Rostelecom, le géant des télécommunications contrôlé par Moscou, a fait l’acquisition des deux entreprises à l’origine de Sailfish, un système d’exploitation conçu par Nokia.
L’Inde, au grand dam des entreprises américaines, exige que les grands groupes étrangers spécialisés dans les nouvelles technologies et les moyens de paiement stockent leurs données sur place, en invoquant principalement des raisons de sécurité nationale, mais aussi la nécessité de garder une certaine souveraineté technologique. Certains poids lourds indiens des technologies, déjà étroitement associés à leurs homologues chinois, ont salué cette mesure, dans l’espoir qu’elle apporte plus d’équité entre eux et les plateformes américaines.
Le gouvernement italien, où la coalition au pouvoir entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini est coutumière des controverses et/ou des mauvaises décisions politiques, s’engage dans la même direction, promettant d’empêcher la vente de Sparkle, un grand opérateur de fibre optique. En outre, le magazine en ligne Politico a récemment publié une note de synthèse qui circulait en interne au sein de la Commission européenne, et qui soulignait les risques de la dépendance de l’Europe à la marque chinoise Huawei (espérons que la Commission finisse par trouver des solutions concernant sa dépendance bien plus grande vis-à-vis des logiciels et services de cloud américains…).
Notons aussi que la souveraineté technologique intéresse beaucoup les pays qui veulent se présenter, officiellement du moins, comme des alternatives cosmopolites et internationalistes au projet nationaliste de Donald Trump : la France et l’Allemagne.
Ainsi, Mme Florence Parly, ministre française des armées, a annoncé le mois dernier sa volonté de « réduire la dépendance vis-à-vis des composants américains », tandis que ses services de renseignement s’efforcent de trouver des alternatives aux services de Palantir, entreprise fondée par Peter Thiel, étroitement liée à Washington. Fin juillet, Laëtitia Romeiro Dias, députée La République en Marche de l’Essonne, a demandé au gouvernement de créer un commissariat sur la souveraineté numérique qui aurait pour objectif de « rendre les autorités françaises autonomes vis-à-vis de la toute-puissance » des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).
L’Allemagne, dont la chancelière décrivait Internet comme « un territoire vierge » il y a seulement cinq ans, a changé elle aussi. Après avoir vu les inventeurs chinois s’emparer des joyaux de son industrie robotique et technologique, Berlin ose enfin utiliser son droit de veto pour bloquer les acquisitions et envisagerait même la possibilité de créer un fonds national capable d’acheter des parts dans les grandes entreprises technologiques allemandes.
Niant ce projet, une porte-parole du ministère de l’économie a néanmoins reconnu que le gouvernement s’intéressait « à la création d’un mécanisme visant à garantir la souveraineté technologique allemande ». Le ministère de l’intérieur et la fédération patronale allemande (Bundesverband der deutschen Industrie, BDI) ont récemment signé une déclaration commune d’intention favorable au développement de produits et services qui permettraient de « réduire la dépendance allemande vis-à-vis des technologies étrangères ».
Mais que souhaitent ceux qui ne recherchent pas la souveraineté technologique ? La mondialisation et le libre-échange, répondait-on auparavant. Aujourd’hui cependant, aucun gouvernement ne peut rester crédible en prônant une plus grande libéralisation des échanges de données, de logiciels ou d’appareils informatiques. Tous les responsables politiques doivent donc choisir entre deux approches : réaffirmer leur souveraineté technologique, ou ne rien faire, faute d’idées ou de marge de pouvoir suffisante — pensons aux querelles politiques au Royaume-Uni par exemple.
Le ton est monté d’un cran dans les débats actuels sur la technologie, car le « numérique » n’est plus la panacée qu’il représentait autrefois. S’ils semblent moins polis, ces débats ont au moins gagné en réalisme, au sens où les enjeux apparaissent désormais très clairement : il ne s’agit plus d’échanger sur les bienfaits abstraits de la « numérisation », mais d’aborder les risques qu’on encourt si on laisse des puissances étrangères prendre le contrôle de secteurs stratégiques.
Maintenant que la Maison blanche a entériné une cyber-stratégie autorisant son armée à entreprendre des cyber-attaques sans trop de restrictions, la résilience de l’infrastructure nationale numérique ne peut pas être tenue pour acquise. Si Barack Obama n’a pas eu de scrupules apparents à placer le téléphone d’Angela Merkel sur écoute, qui pourrait croire Donald Trump capable de résister à cette tentation ?

Evgeny Morozov
Le Monde diplomatique
3 octobre 2018

jeudi 4 octobre 2018

LA FELAURE 2018

FÊTE DES LAURÉATS DE L'INSTITUT UNIVERSITAIRE 
DU GOLFE DE GUINÉE

Ce vendredi 12 octobre 2018 à l'esplanade de la maison du parti de Bonanjo. 
 En direct sur trois médias: 

  1.  CANAL2 
  2.  STV 
  3.  LA VOIX DU GOLFE (94.7FM)

jeudi 20 septembre 2018

LE CALENDRIER ACADEMIQUE 2018/2019


Activités
BTS- HND
LP
MP
 1
Collecte  des dossiers de candidature et
Inscriptions (anciens et nouveaux étudiants)
Du mercredi le 1er août au dimanche  le
30 septembre 2018
Du mercredi le 1er août  au dimanche le 14 octobre 2018
 2
Conseils de l’IUG
vendredi le 07 septembre  2018/ le vendredi 02 Août 2019
 3
Assemblées Générales des Enseignants
1.      Samedi le 08 septembre 2018
2.      Samedi le 15 décembre 2018  
3.      Samedi le 30 juin 2019
 4
Assemblée Générale du Personnel Administratif et d’Appui
Mercredi le 12 septembre 2018
 5
Session de formation pédagogique des jeunes Enseignants
Vendredi le 14 septembre 2018
 6
Début des enseignements aux niveaux I, II, LP et MP
Niveau II (J&S):
samedi le 15 septembre 2018
Lundi le 29 octobre 2018
Lundi le 05 novembre 2018
Niveau I : samedi le 29 septembre 2018
 7
Rentrée Solennelle et Fête des Lauréats
Vendredi le 12 octobre 2018
 8
Salon d’orientation académique
 Octobre 2018
 9
Date limite de paiement de la 1ère tranche des droits universitaires anciens et nouveaux étudiants)
Samedi le 27 octobre 2018
vendredi le 30
novembre 2018
vendredi le 30
novembre 2018
 10
Publication des listes d’étudiants inscrits dans les différents Etablissements.
jeudi  le 1er
novembre 2018
samedi le 1erdéc. 2018
 11
Election des délégués des étudiants
Du lundi le 05 au mardi le 06  novembre  2018
Du lundi le 03 au mardi le 04 décembre  2018
 12
Début des TP/TD et CC (1er Semestre)
Du lundi le 12 au samedi le 17 novembre  2018
A partir du Mardi le 04 déc. 2018
 13
Ouverture saison sportive et culturelle  
Mercredi le 21 novembre 2018
 14
2ème session du CCIU
Session de novembre 2018
 15
Universiades académiques 2018/2019
à déterminer (MINESUP)
 16
Congé de Noël
Du samedi le 22 décembre 2018 au mercredi le 02 janv. 2019
 17
Arrêt des enseignements du 1er semestre
Samedi le 12 janvier  2019
Mercredi le 06 février 2019
Dimanche  le 03 avril 2019
 18
Examen de fin du 1er  Semestre   
Du mardi le 22 janvier au  mercredi  le 06  février 2019
Du jeudi le 14 au dimanche le 17 fevrier 2019
Du jeudi le 14 au dimanche le 17 mars 2019
 19
Session de rattrapage des examens de fin de 1er semestre avec publication des résultats
Du lundi le 18 février au vendredi
1er mars 2019  
Du jeudi le 07 mars au dimanche le 10 mars 2019
Du jeudi le 19 au dimanche le 22 avril 2019
 20
Fête de la jeunesse
 lundi le 11 février 2019
 21
Doctoriales 
Du vendredi 1er  au dimanche 3 mars 2019 
 22
Début des enseignements du 2nd Semestre
Lundi  le 4 mars 2019
Lundi  le 18 mars 2019
Lundi  le 30 avril 2019
 23
Journée internationale de la femme
Vendredi le 08 mars 2019
 24
Contrôles continus (2ème semestre)
Du lundi le 1er  au samedi le 6 avril 2019
A partir du mercredi 24 avril
2019
A partir du mercredi le 05 juin 2018
 25
Session de soutenances des Rapports de stage et des Mémoires
Du jeudi 05 avril au dimanche 08 avril
2019
Dimanche le 23 juin 2019
juillet 2019
 26
Jeux Universitaires
A déterminer par le MINESUP
 27
1ère  session du CCIU
Session de mai 2019
 28
Fête du travail
Mercredi le 1er mai 2019
 29
Date limite de paiement de la 2ème tranche des droits universitaires
Mercredi le 04 février 2019
Mercredi le 04 mai 2019
 30
Arrêt des enseignements du 2ème semestre
vendredi 31 mai 2019
Dimanche  le 23 juin 2019
31
Fête de l’unité nationale  
Lundi  le 20 mai 2019
32
Réunion de coordination avec les IPES sous la même tutelle académique
-          Mars-Avril(Université de Ngaoundéré)
-          Vendredi le 21 juin 2019  Université de Dschang
33
Examens de fin du 2ème semestre
Du dimanche le 16 au samedi 22 juin
2019
Du vendredi le 28 au dimanche le 30 juin 2019
34
Examens nationaux + Session de rattrapage des examens de fin du 2nd semestre (LP-MP)
Niveau II: 
Mardi le 04 au vendredi 31 mai 2019
Du jeudi le 11 au dimanche le 14 juillet
2019
Niveau I : 
Mardi le 02 au dimanche 7 juillet 2019
35
Proclamation des résultats annuels des examens avec remise des Relevés de Notes et
Attestations de Réussite
Samedi le 20 juillet 2019
vendredi le 26 juillet 2019
36
Conseil d’administration (session des comptes)
Vendredi le 02  août 2019
37
Vacances académiques
Du jeudi  le 01 août au samedi  le 31 août  2019

LE DILEMME DES ECRIVAINS AFRICAINS

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